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    Pacte d’excellence – La Libre 25 mars 2017

    À lire dans l’Echo, rédigée par Nathalie Bamps et Martin Buxant
    (Extrait)
    ————-
    Journaliste :
    Le PS, ça ne va pas fort…
    Rudy:
    Sur le rapport à l’argent, sur les écarts salariaux, le PS doit être l’exemple virginal du comportement idéal. Mais quand on découvre qu’il y a des personnes qui ont été trop bien rétribuées et parfois à ne rien faire, c’est inacceptable. Et cela fait du mal au PS. On a pris le PS pour une tête à claques. Mais ces claques, le PS les a parfois méritées. Mais ceux qui n’ont pas envie d’être assimilés à cela ont envie d’être reconnus pour ce qu’ils font, et le combat qu’ils mènent.
    Journaliste
    Au PS, a-t-on fait l’économie d’un vrai travail de fond, de nettoyage, il y a 15 ans?
    Rudy
    On a pris des règles en son temps, et ces règles n’étaient pas suffisantes, on le découvre aujourd’hui. Mais le problème est beaucoup plus large. Ce qui se passe avec Fillon, Marine Le Pen, cette logique de mise en exergue de ce qu’ils ont commis, ébranle le socle même de l’engagement politique. Le paradoxe, c’est qu’on en arrive à vouloir qu’on corrige et remette les valeurs en exergue, et à élire des tiers qui ne portent pas ces valeurs, parce qu’ils apparaissent comme anti-système.
    Journaliste
    Le PTB à 20%, c’est aussi la montée des extrêmes. Qui est responsable?
    Rudy
    Les gens vont chercher des modèles extérieurs aux représentations classiques. La crise de gouvernance n’est qu’un avatar de la crise plus large, économique. Dans ce contexte de radicalisation de la pensée, les gens qui sont aux positions radicales ont à y gagner.
    Journaliste
    C’est le même processus, radicalisation religieuse ou politique?
    Rudy.
    Quand un système est remis en cause, il l’est par tous ses aspects: spirituels, religieux, poltiques. On est dans une logique de déconstruction. Les modèles qui ont touché leurs limites imposent des déconstructions de modèles. Je crois qu’il y a un antidote: se poser avec calme et raison les questions et apporter des réponses cohérentes. On ne peut pas apporter des réponses asymétriques. Il faut qu’on ait une capacité d’entente nationale, une sorte d’union sacrée, avec un socle de valeurs à atteindre et des règles qui soient les plus semblables possibles.

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    un pacte amendé pour la fin du mois

    A lire dans le soir de ce matin sur le pacte d’excellence « Le changement suscite des inquiétudes et c’est légitime mais je tiens à rassurer les enseignants, non il n’y aura pas de pertes d’emplois ! La réforme commencera par le renforcement du maternel et l’engagement à terme de 1100 personnes supplémentaires dans le maternel »

    un pacte amandé pour la fin du mois



     

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    Le Soir (jeudi 1 septembre 2016) : « De l’argent pour le Pacte d’excellence »

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    UNE Le Soir : « De l’argent pour  le Pacte d’excellence »  

    Le ministre-président Rudy Demotte annonce   que des moyens seront dégagés pour réformer l’école.  Continue Reading

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    Rudy Demotte s’inspire du Québec pour lutter contre le radicalisme

    Rudy Demotte s’inspire du Québec pour lutter contre le radicalisme – © LAURIE DIEFFEMBACQ – BELGA

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    Le Ministre-Président de la Fédération Wallonie Bruxelles s’est envolé pour le Québec au Canada. La lutte contre le radicalisme violent sera au centre de cette visite de cinq jours dans la Belle Province.

    Rudy Demotte visitera notamment le « Centre de Prévention de la Radicalisation menant à la Violence » de Montréal. La ville est pionnière en la matière puisque ce centre est une première en Amérique du Nord. Il permet entre aux familles qui redoutent la radicalisation d’un proche de signaler les premiers signes de radicalisme via une ligne téléphonique.

    La Fédération Wallonie-Bruxelles entend s’inspirer de cette expérience Montréalaise pour la transposer à Bruxelles. Le gouvernement s’est déjà mis d’accord. Un centre similaire devrait voir le jour prochainement en Belgique.

    Rudy Demotte rencontrera également de nombreux professeurs d’université sur le sujet. Les universités québécoises ont effectivement décidé d’unir leurs connaissances autour du radicalisme au travers d’une chaire spécialisée. Leur expertise a servi de base à la création du Centre de prévention de la Radicalisation menant à la Violence de Montréal.

    Mobilité internationale

    Rudy Demotte profitera également de sa présence au Québec pour participer à un séminaire sur la mobilité internationale. Le Québec est l’une des destinations privilégiées par les jeunes belges francophones. Chaque année des centaines de jeunes traversent l’Atlantique pour y faire un séjour d’étude ou un échange.

    Depuis la mise en place des échanges de jeunes entre le Québec et la Belgique francophone en 1984, 22 000 jeunes se sont laissé tenté par l’aventure. Trois-cents jeunes belges séjournent chaque année au Québec dans le cadre d’un échange organisé par le BIJ (Bureau International de la Jeunesse). En ce qui concerne les échanges universitaires, le Québec est dans le top 3 des destinations choisies par les jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

    Lire sur le site de la RTBF

  • Couper

    Le Soir Namur Luxembourg – 10 déc. 2015: ITW RD « Couper les liens entre la Wallonie et Bruxelles, c’est nous affaiblir »

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    Le Soir Namur Luxembourg – 10 déc. 2015

    Page 4
    Les ultra-régionalistes poussent, au MR, au PS.   Le ministre-président de la Communauté française ne laisse pas passer : « Nous n’avons pas de lien territorial,   il faut une coordination structurée, stratégique ».

    Entretien

    Les ultra-régionalistes poussent. Le ministre-président (PS) de la Communauté française refuse de céder. Arguments et flèches.

    Des parlementaires (Collignon, Dermagne, Martin), Thierry Bodson pour la FGTB wallonne, Jean-Claude Van Cauwenberghe mercredi dans ces colonnes… Ils disent en gros : tout aux Régions ! Et exit la Communauté. Cela vous inspire ?

    Chez moi, l’attachement aux Régions est une évidence : jusqu’en 2014, j’ai opéré comme ministre-président wallon, en même temps que ministre-président de la Communauté, et en 2008, avec Charles Picqué, nous avions lancé la Fédération Wallonie-Bruxelles qui apportait une forme de reconnaissance supplémentaire au fait régional bruxellois… Pour le reste, je rappelle qu’il n’y a pas de contiguïté territoriale entre Bruxelles et la Wallonie, et on se souvient que cela avait fait l’objet de spéculations fantaisistes sur la création d’un « couloir », d’un « tunnel »… Au-delà de la fantaisie, cela traduisait la crainte de voir Bruxelles mise dans une position insulaire. Cela vaut aussi au plan institutionnel. On ne sait pas ce qu’il adviendra de la Belgique demain. Je veux mettre la Fédération au service des Régions, et préserver un lien permanent de coordination.

    Avons-nous intérêt à faire disparaître une institution pour reconstruire des liens uniquement via des accords de coopération, comme certains le souhaitent, alors que les Flamands, eux, ne font pas la même chose de leur côté ? Vont-ils renoncer à la fusion Communauté-Région pour se replacer, eux aussi, dans l’option du tout aux Régions ? Faire cela, seuls de notre côté, ce serait un recul, nous affaiblir.

    C’est un raisonnement défensif.

    Offensif ! La défense, c’est de se recroqueviller, l’attaque, c’est d’avoir une stratégie de moyen et long termes. Je suis dans une démarche dynamique, je n’exclus pas des aménagements, mais il faut garder un pont, je veux dire une coordination structurée et stratégique. Nous n’avons pas de lien territorial, alors, ne nous affaiblissons pas, c’est stratégique.

    Les ultra-régionalistes soutiennent que sans enseignement et sans culture, une entité politique ne connaît pas d’essor.

    Si l’on prend le raisonnement sur l’enseignement, ils disent qu’il faut le rapprocher des bassins scolaires, plus proches des réalités socio-économiques… Qui a conçu les bassins ? Qui a créé le premier bassin d’enseignement technique ? Qui a ouvert la collaboration entre formation et enseignement ? Votre serviteur. En fait, le raisonnement concerne avant tout l’enseignement technique et professionnel… qui est entre les mains de qui ? Essentiellement des provinces. L’argument de la proximité territoriale est donc déjà rencontré.

    Il faut distinguer ces questions de fonctionnement, de pouvoirs organisateurs, de celles relatives au « normatif », s’agissant ici des statuts des profs, des programmes scolaires, de l’inspection, du pilotage pédagogique… Faudrait-il s’orienter vers des statuts différents pour les enseignants à Bruxelles et en Wallonie ? Ou des programmes d’enseignement général différents ? Avec les mathématiques bruxelloises et les maths wallonnes ? Le cours de français bruxellois et le français wallon ? Qui soutient cela sérieusement ?

    J’ajoute : si l’on va jusqu’à remettre en cause le normatif, alors on pourra tenir le même raisonnement par rapport à d’autres secteurs, je pense à la sécurité sociale, et ce n’est pas précisément dans l’ADN socialiste, me semble-t-il.

    Transférer la culture ?

    La politique culturelle, c’est d’abord la réponse à une série de problèmes d’organisation : nombre de maisons de la culture, financement des associations, etc. Les Régions sont déjà présentes à cet égard, je pense à la politique patrimoniale, une série d’aides matérielles. Mais la culture, c’est aussi la langue. Elle dépasse les frontières de Bruxelles et de la Wallonie, et il faut garder un organe qui puisse la porter à l’intérieur comme à l’extérieur. Cet organe, c’est la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Communauté française reconnue dans le monde.

    Même chose pour l’aide à la presse : régionaliser ? Et la RTB ? Faut-il une RTBB, une RTBW, et une RTBWG pour les germanophones ?

    Reste la politique sportive, l’aide à la jeunesse : transférables ?

    Sport ? Tout ce qui a trait aux infrastructures est déjà transféré, pour le reste, par exemple en matière de dopage, faut-il des règles différentes en Wallonie et à Bruxelles ? Aide à la jeunesse : un jeune a des difficultés à Bruxelles, il doit être accueilli dans un centre en Wallonie, va-t-on entraver sa mobilité ?

    Reste qu’au PS, certains visent un « congrès wallon ». Chaud ! Opportun ?

    C’est une question qui relève du parti, je ne me prononcerai pas.

    Mais vous vous sentez soutenu par votre parti ?

    Dans la mesure où le débat est ouvert et où les problématiques ne sont pas tranchées officiellement, ma ligne est celle-ci : la défense de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mieux : la promotion institutionnelle des intérêts communs des francophones.

    Parmi les régionalistes, on n’utilise quasiment plus ce mot : « francophone »…

    … Alstublieft ?

    Le ministre-président de la Communauté se sent-il menacé ?

    Au contraire, il est exalté car il aime bien les débats. En faisant parler d’elle, la Fédération Wallonie-Bruxelles démontre qu’elle est un enjeu.

    C’est un peu cynique comme raisonnement, mais je me sers du cynisme contre ceux qui l’utilisent.

    Tout de même, voir le leader de la FGTB wallonne, Thierry Bodson, s’avancer comme il l’a fait, c’est important…

    Oui, je le connais depuis des années. Il est en phase avec ce qu’il a toujours dit.

    Oui, mais là, il le redit très fort.

    Pour les sourds, peut-être parce que ce n’était pas audible.

    identité wallonne « Ma vision positive »

    Le Soir Namur Luxembourg – 10 déc. 2015

    Page 4

    Jean-Claude Van Cauwenberghe (dans « Le Soir », mercredi), a exalté l’« identité wallonne ». Et vous ?

    Mon grand-père, Raoul Demotte, avait milité à Wallonie libre… Voilà d’où je viens. On ne fait pas des chiens avec des chats.

    Alors, oui, il est important de cultiver une vision positive de l’identité wallonne. Qui, notez-le, a longtemps été évoquée par défaut, un peu comme la somme des complexes par rapport à une Flandre « plus laborieuse, plus rapide, plus moderne » et toutes ces faussetés.

    Bref, oui, il faut cultiver une identité wallonne positive, porteuse naturellement.

    Je ne veux pas pour autant que cela devienne un élément de dilution de l’autre identité, celle des francophones de Belgique, qui est elle-même, d’ailleurs, la meilleure base pour cultiver les identités wallonne et bruxelloise.

    Il ne faudrait pas que les francophones soient orphelins de ce maillon – la Communauté française – qui permet de dépasser les territoires de Wallonie et de Bruxelles.

    Au passage, je rappelle qu’un chantier des idées du PS sera consacré à ces questions.

    Donc, comme Jean-Claude Van Cauwenberghe, je vois une identité wallonne ouverte et progressiste, contraire à la logique fermée et conservatrice de la N-VA au Nord, où l’identité colle à la nation.

    Oui, mais lui, Van Cau donc, juge que le maintien de la Communauté empêche la Wallonie d’advenir…

    Ce que la Communauté apporte de plus, c’est le commun dénominateur de la langue, qui nous permet notamment de nous manifester et d’être reconnus à l’échelle internationale – j’en fais l’expérience lors de mes déplacements –, cela avec un message qui valorise Bruxelles et la Wallonie.

    Au fait, vous aviez parlé de « nationalisme wallon » dans une interview il y a plus d’un an…

    Un emportement, un mésusage du vocabulaire, j’avais précisé tout de suite ce que j’avais voulu exprimer, c’est-à-dire l’importance qu’à un moment donné, en plus des plans Marshall et toutes ces choses, il y ait une communauté de valeurs positives qui fasse bouger les gens ensemble.

     

    De gauche ?

    Le Soir Namur Luxembourg – 10 déc. 2015

    Page 4

    ANALYSE

    De gauche ?

    On n’est pas vraiment dans ce que nous appellerons les questions primordiales prioritaires – terrorisme, FN, crise économique –, mais celles qui ont trait à notre enseignement, notre politique culturelle, nos institutions politiques à nous, Wallons et Bruxellois francophones, ne sont pas négligeables. Ajoutez la pression nationaliste de la Flandre qui requiert une stratégie claire en face, et voilà le contexte.

    Or, donc, au-delà desdites questions primordiales, le PS s’achemine vers un débat sur le maintien ou non de la Fédération Wallonie-Bruxelles et le transfert aux Régions des compétences en matière d’enseignement et de culture. Ce qui ne déchire pas les foules ni les militants, comme ce fut le cas jadis au plus fort du « combat fédéraliste » (le fait régional est acquis – conquis), mais n’est pas moins de nature à faire se confronter les partisans du tout aux Régions et de la Fédération. Un débat est un débat. Et celui-ci, on le voit avec les prises de position des Bodson-Collignon d’un côté (on attend Marcourt), Demotte-Courard de l’autre (on attend Elio Di Rupo au milieu), chauffe déjà.

    Au fond, les socialistes auront à se poser quelques questions basiques : qu’est-ce qui est le plus utile pour les gens ? Aussi : quelle formule est-elle la plus… de gauche ? Bonne question.

    D. Ci et B.Dy

     

    DAVID COPPI BERNARD DEMONTY



  • L’Echo – 09 déc. 2015 p9 : Rudy Demotte”L’Eurométropole peut constituer un bastion anti-FN”

    Rudy Demotte”L’Eurométropole peut constituer un bastion anti-FN”

    L’Echo – 09 déc. 2015

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    © BELGA Interview jean-paul bombaerts Supprimer la coopération internationale de la Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie: tel est le souhait de Marine Le Pen si le Front national devait remporter le second tour des régionales, dimanche. De son côté, le bourgmestre de Tournai Rudy Demotte assume actuellement la présidence tournante de l’Eurométropole, une …

    © BELGA

    Interview

    jean-paul bombaerts

    Supprimer la coopération internationale de la Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie: tel est le souhait de Marine Le Pen si le Front national devait remporter le second tour des régionales, dimanche. De son côté, le bourgmestre de Tournai Rudy Demotte assume actuellement la présidence tournante de l’Eurométropole, une structure de collaboration transfrontalière qui regroupe Tournai, Courtrai et l’agglomération lilloise. Il ne pense pas que l’on puisse si facilement enterrer une coopération qui, depuis plusieurs décennies, a montré son efficacité.

    Quels enseignements tirez-vous de la victoire du Front national en France au premier tour des élections régionales?

    Le FN est parvenu à entrer dans l’émotion et l’angoisse ressenties par une partie de la population. Cette sourde angoisse est indissociable des problèmes socio-économiques rencontrés par ces régions depuis les années septante. À cela s’est ajouté l’impact de la crise financière de 2008. Les gens ont payé un prix social fort pour les mouvements erratiques de l’économie. Des mouvements sur lesquels les politiques ont du reste peu de prise. Il faut avoir l’humilité de l’admettre. L’émotion, elle, provient de ce radicalisme violent et importé. De leur côté, les leaders d’opinion et les médias doivent se remettre en question à propos de leur penchant pour l’événementiel, pour l’info qui ne va plus en profondeur. Les technocrates européens, enfin, ont également une part de responsabilité par leur engoncement dans des processus réglementaires opaques.

    La Wallonie est-elle immunisée contre de telles poussées de populisme?

    Entre la Wallonie et la France, il y a au moins deux différences fondamentales. Un: la France n’a pas, comme la Belgique, des corps intermédiaires comme les syndicats ou les mutuelles qui officient en tant qu’indispensables contre-pouvoirs et en tant qu’amortisseurs face aux chocs conjoncturels. Deux: on peut reprocher à la Belgique sa complexité institutionnelle, mais au moins cela permet de ne pas aller trop vite à la confrontation comme en France. Voyez Nicolas Sarkozy: il n’accepte même plus la logique d’un front républicain contre le FN, préférant une confrontation directe.

    Comptez-vous revoir certaines collaborations avec le Nord de la France dans le cadre de l’Eurométropole?

    Je ne m’attends pas à des situations conflictuelles à l’intérieur de l’Eurométropole où les rapports de forces sont connus, puisque tous les mandats ont été attribués. Au contraire, l’Eurométropole se situe hors champ et pourrait dès lors devenir un bastion anti-FN. Cette structure a plus que jamais du sens pour promouvoir la diversité et lutter contre le repli sur soi.

    Marine Le Pen évoque pourtant de revoir certaines collaborations.

    Sur l’Eurométropole, elle n’aura pas d’influence directe. Elle pourrait en revanche remettre en cause les collaborations entamées dans le cadre du programme européen Interreg, mais ce faisant, elle prend le risque de faire perdre beaucoup d’argent à la Région du Nord. Je rappelle que tous les jours, 27.000 Français de la région lilloise viennent travailler en Belgique, contre seulement 5.000 Belges qui font le trajet en sens inverse pour aller travailler. Je signale également que 2.550 entreprises belges ont des implantations en France. Ce genre de déclaration témoigne avant tout de l’indigence idéologique du FN.

    Pour ce qui est des accords transfrontaliers futurs, ceux-ci seront examinés à l’aune de nos valeurs fondamentales.

    C’est-à-dire?

    On peut par exemple rappeler que le Front national a voté en mars dernier au Parlement européen contre un texte portant sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Il y était notamment question de contraception. Lors des débats, le chef de délégation FN avait estimé que l’avortement était une “arme de destruction massive contre la démographie européenne” .

    Vous vous concertez avec le bourgmestre de Courtrai, Vincent Van Quickenborne, sur la stratégie à adopter face au FN?

    Nous nous concertons régulièrement. Nous avons un même socle de valeurs. Vincent Van Quickenborne est un démocrate animé d’une volonté de moderniser l’économie. Quant à la stratégie que nous allons développer en fonction des scénarios qui se présenteront, attendons d’abord de connaître le résultat du second tour en France.

    Vous ne comptez pas épouser la ligne de Louis Michel qui, après la victoire électorale de Jorg Haider, déconseillait aux Belges d’aller skier en Autriche?

    J’en appelle à la plus grande nuance. Ce n’est pas parce que le choix politique exprimé par le Nord de la France me déplaît que je n’irai plus manger à Cambrai ou que je ne me rendrai plus au festival du film d’Arras. J’aime profondément la France mais je ne transigerai pas sur certaines valeurs fondamentales.

    Les phrases clés

    ” L’Eurométropole a plus que jamais du sens pour lutter contre le repli sur soi. “

    ” Marine Le Pen pourrait remettre en cause le programme européen Interreg, mais elle fera perdre beaucoup d’argent à la région du Nord . “

    ”Tous les jours, 27.000 Lillois viennent travailleren Belgique.”

    rudy demotte ministre-présidentde la fédérationwallonie-bruxelles

    JEAN-PAUL BOMBAERTS

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  • Le Courrier de l’Escaut”, – 20 nov. 2015 : Leur première visite royale à Tournai (CE)

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    Supplément “Local: Le Courrier de l’Escaut”, – 20 nov. 2015

    Page 1

    Combattre l’ignorance en favorisant l’instruction et l’économie locale, c’est le message que nos souverains ont distillé, lors de leur visite en Wapi.

    Vincent DUBOIS et Pierre-Laurent CUVELIER

    Il ne faisait pas du temps à mettre un pied dehors, ce jeudi matin. Dans une cour de l’hôtel de ville vidée de ses voitures et de son… public, le bain de foule ayant été annulé, le roi Philippe et la reine Mathilde sont arrivés sous une pluie battante.

    Pour leur première visite à Tournai depuis leur accession au trône, les souverains ont été accueillis par un parterre d’officiels, au rang desquels on retrouvait les autorités communales, provinciales…

    Le personnel communal avait quant à lui reçu la consigne de quitter les bureaux dès 12h05 avec l’autorisation de rejoindre leur travail une fois la visite royale terminée.

    Tandis que le cordon policier installé de part et d’autre de l’hôtel de ville filtrait les allées et venues, leurs majestés ont reçu des cadeaux régionaux, soit une boîte de chocolats de chez «Lorichesse» et le livre «Découvrir Tournai», édité par Wapica.

    Quant au traditionnel bouquet de fleurs, ce sont deux enfants de l’école Arthur Haulot qui l’ont remis à Mathilde; Mervan, 10 ans, élève en 5e primaire, était accompagné par une petite Irakienne de 8 ans, Rzan, qui fréquente le même établissement scolaire depuis que ses parents ont été accueillis comme réfugiés dans la Cité des cinq clochers.

    Instruction et économie

    Sans traîner en chemin, le couple royal a rapidement rejoint le salon de la reine pour un huis clos d’une demi-heure.

    Lequel débutait par un discours du bourgmestre Rudy Demotte qui a, bien entendu, évoqué les «actes lâches et inhumains» posés par les terroristes de Paris.

    Insistant sur le fait que la meilleure manière de «combattre ces barbares» consiste à lutter contre l’ignorance et l’injustice sociale. Cela, en renforçant l’instruction, mais aussi en favorisant davantage le développement d’activités et d’initiatives locales.

    L’enseignement et l’économie, ce sont précisément deux éléments essentiels à la construction d’un « mieux vivre ensemble » que nos souverains entendaient encourager à travers les visites effectuées ce jeudi, en Wallonie picarde.

    Le couple royal a repris le chemin du départ après s’être arrêté un certain temps au pied de la tapisserie monumentale suspendue au-dessus de la rampe d’escaliers de l’hôtel de ville. Une fresque intitulée «le Doudou de Mons» où l’on voit saint Georges terrasser le dragon représentant le mal.

    Tout un symbole.

  • Haine

    Nord Eclair – Tournai – 12 nov. 2015 : Non à la haine sur le web

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    Nord Eclair – Tournai – 12 nov. 2015

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    70% des jeunes passent de 5 à 8 heures par jour sur Internet La Fédération Wallonie-Bruxelles lance de nouveaux projets avec les jeunes «On ne peut pas rester inactif face à ce déferlement. Se dire que l’on ne peut rien faire, c’est trop facile», lance le ministre-président de la Fédération …

    70% des jeunes passent de 5 à 8 heures par jour sur Internet

    La Fédération Wallonie-Bruxelles lance de nouveaux projets avec les jeunes

    «On ne peut pas rester inactif face à ce déferlement. Se dire que l’on ne peut rien faire, c’est trop facile», lance le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). «Il y a urgence à impliquer les internautes dans ce voyage de l’esprit contre la haine.»

    Que peut-on faire? Concrètement. Interdire des contenus? Ce n’est pas la solution absolue. «Cette ciguë trouvera toujours son chemin. La solution n’est pas simple, mais il faut agir et lancer un mouvement», martèle M. Demotte.

    Discours racistes, sexistes, homophobes. De nombreux acteurs de la jeunesse et de l’éducation ont pris, chez nous, des initiatives pour prévenir et répondre à ce phénomène. Aussi sur le web.

    En mai, le Conseil de l’Europe a adopté un plan d’action contre l’extrémisme et la radicalisation. Il a reconduit jusque fin 2017 la campagne «No Hate, non aux discours de haine en ligne» initiée par le secteur Jeunesse. Fin août, la FWB a pris des mesures pour aider les écoles à faire face au cyber harcèlement.

    Les ministres francophones vont plus loin. Ils ont réservé 82.000 euros pour cette deuxième édition de «No hate» qui démarrera en janvier 2016. Cette somme sera allouée au Bureau international de la jeunesse (Bije) qui coordonne la campagne. «Cela permettra d’engager quelqu’un qui travaillera à une application pour smartphones et tablettes, avant d’être étendue aux PC. Elle aidera à contrer la cyber haine», explique Isabelle Simonis, ministre de la Jeunesse et de l’Égalité des chances.

    «Cyber patrouilleurs»

    Sensibilisation, prévention, mais aussi intervention en ligne. «Il s’agit d’appuyer la structuration d’internautes citoyens capables de répondre efficacement aux propagateurs de discours de haine, et d’en faciliter le signalement», reprend-elle. Le Centre pour l’égalité des chances est, bien sûr, de la partie.

    «Les discours de haine ciblés sont porteurs de souffrance, parfois intenses», poursuit Mme Simonis. «À la rentrée, la ministre de l’Enseignement a mis en place des dispositifs capables d’apporter des réponses en cas de harcèlement. D’autres initiatives, extrascolaires, doivent être prises afin que chaque jeune, victime de discours de haine, puisse le signaler, recevoir une écoute de qualité, voire une proposition d’aide.»

    La FWB prévoit d’ouvrir des comptes sur Snapchat, Viper et d’autres réseaux sociaux, d’assurer des permanences en ligne pour briser l’isolement de jeunes harcelés, de lancer des chats pour lutter contre le cyber harcèlement… L’objectif: former une communauté de «cyber patrouilleurs» qui publient un discours positif sur la toile; des ambassadeurs du «Non à la haine». «Si le message passe par des jeunes, il les touchera plus facilement», explique Rudy Demotte. «On ne peut sans doute pas arrêter les guerres, mais on peut instiller un antidote aux discours haineux.»

    Didier Swysen

    69% ignorent où trouver de l’aide…

    Nord Eclair – Tournai – 12 nov. 2015

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    Enquête auprès de 1.274 jeunes Le Conseil de l’Europe a réalisé une enquête, en 2015, portant sur «l’expérience des jeunes et leur attitude face au discours de haine en ligne». 78% ont répondu y avoir été confrontés. Où? Dans 79% des réponses, les réseaux sociaux sont cités. Dans 70%, cela …

    Enquête auprès de 1.274 jeunes

    Le Conseil de l’Europe a réalisé une enquête, en 2015, portant sur «l’expérience des jeunes et leur attitude face au discours de haine en ligne». 78% ont répondu y avoir été confrontés.

    Où? Dans 79% des réponses, les réseaux sociaux sont cités. Dans 70%, cela s’est fait via les sites Internet; dans66% sur des Forums et dans 41% des cas, ce sont des vidéos en ligne qui sont incriminées.

    Dans près de 40% des cas, les jeunes répondent que cette confrontation est régulière, alors que 45% disent que cela arrive parfois. Les cibles favorites? Les homosexuels et les lesbiennes, les musulmans, les minorités ethniques, les migrants et les femmes.

    Enfin, 66% des jeunes interrogés se disent tristes et 43% motivés à agir… Mais ils ne savent pas où trouver de l’aide dans 69% des cas.



  • Le Soir – 12 nov. 2015 : Une appli pour contrer la cyberhaine

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    Le Soir* – 12 nov. 2015

    Page 5

    * Le Soir Liège, Le Soir Namur Luxembourg, Le Soir Bruxelles, Le Soir Hainaut, Le Soir Brabant Wallon

    Rudy Demotte, ministre président, et Isabelle Simonis, ministre de la Jeunesse, font adopter la note « cyberhaine » ce jeudi. 82.000 euros ont été dégagés pour lutter contre les discours haineux et le harcèlement en ligne.

    J ’enculerais Allah jusqu’à ce qu’il aime ça. » Voici le genre de pages Facebook (adressée au « peuple de France ») particulièrement fleuries que l’on peut trouver sur le web, fautes d’orthographe incluses. Les discours haineux pullulent sur la toile, c’est aujourd’hui devenu une lapalissade de l’écrire. « Il y a aujourd’hui comme un bruit de fond qui passe par les réseaux sociaux, qu’on n’entend même plus, et qu’on répercute », avertit Rudy Demotte.

    Le ministre président de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la ministre de la Jeunesse, Isabelle Simonis, feront adopter ce jeudi au gouvernement une note « cyberhaine » en vue de lutter contre ce phénomène. Concrètement, la ministre de la Jeunesse, Isabelle Simonis, distingue deux volets.

    D’une part, la prévention, qui consiste principalement dans la reconduction de la campagne « no hate », ainsi que d’actions de sensibilisation mises en place par des associations de terrain. Ainsi, 20.000 euros seront octroyés à l’ASBL « La loupiote » qui, par exemple, invite les jeunes à réagir à des cas réels trouvés sur la toile (notre exemple dans ce texte).

    Des « cyber-solutions »

    D’autre part, la note comprend l’élaboration de « cyber-solutions ». Deux projets sont en cours de réalisation : une application et des chats. « L’application aura pour but d’équiper les jeunes internautes pour contrer les discours de haine sur internet », explique la ministre . Contre-arguments, slogans, panneaux humoristiques seront proposés. Avec l’idée de créer une « communauté de jeunes cyber-patrouilleurs », comme les appelle Isabelle Simonis. La ministre s’appuie sur des études européennes qui révèlent que 78 % des jeunes disent avoir déjà été confrontés à des discours haineux sur la toile et qu’un sur deux souhaite « agir ».

    Le second outil vise le cyber-harcèlement. Il s’agit d’ouvrir des comptes sur les principaux réseaux utilisés par les jeunes (Facebook, Snapchat, Skype, etc.) pour permettre des « chats d’assistance » pour les victimes.

    Quid des moyens ? 82.000 euros ont été octroyés pour l’année 2016 au Bureau international de la jeunesse (BIJ) qui est à l’origine de la campagne « No hate ». Sur ce budget, 37.000 euros doivent servir à engager une personne à temps plein, tandis que 45.000 euros devraient couvrir la création de l’application et les aménagements du cyber-chat. Suffisant ? « C’est un premier montant », avance, prudente, Isabelle Simonis. Les deux outils devraient voir le jour au premier trimestre 2016.

    ÉLODIE BLOGIE

    « Un malaise par rapport aux discours sur les valeurs »

    Le Soir* – 12 nov. 2015

    Page 5

    * Le Soir Liège, Le Soir Namur Luxembourg, Le Soir Bruxelles, Le Soir Hainaut, Le Soir Brabant Wallon

    « Un malaise par rapport aux discours sur les valeurs » Rudy Demotte évoque les déclarations sur internet, mais aussi en politique. Vous évoquez le « bruit de fond » d’internet… Quid des déclarations de certains politiques qui sont également susceptibles d’attiser les peurs et qui sont, elles, portées distinctement …

    « Un malaise par rapport aux discours sur les valeurs »

    Rudy Demotte évoque les déclarations sur internet, mais aussi en politique.

    Vous évoquez le « bruit de fond » d’internet… Quid des déclarations de certains politiques qui sont également susceptibles d’attiser les peurs et qui sont, elles, portées distinctement sur la place publique ?

    Ceux qui agitent ce genre de discours de haine ne sont pas audibles chez nous, ou ils ont été condamnés.

    Quand Bart De Wever propose de revenir sur la Convention de Genève ou que Jan Jambon évoque la création d’un « badge », ils ne sont pas audibles ?

    Nous ne sommes plus dans une société qui permet les discours nuancés, semble-t-il. Nous sommes dans la caricature permanente. Le fonds de commerce de la N-VA, c’est l’ambiguïté. C’est presque dans l’ADN de la N-VA d’être obligée de faire le grand écart pour plaire à son électorat.

    Mais il n’y a pas non plus de contre-discours fort…

    Oui, on n’a pas entendu hurler au loup ! Comme s’il était normal de dire tout cela. Or, on est quand même en train de flirter avec les limites du respect des droits de l’homme. Mais aujourd’hui, nous avons un gouvernement asymétrique, où les francophones sont minoritaires, et très à droite. Parler de gouvernement de centre-droit est une expression de complaisance ! On voit bien qu’à l’intérieur du parti libéral, on a dès lors du mal à se positionner. C’est quand même très innovant comme façon de faire de la politique, de considérer que les présidents de parti peuvent déclarer des choses dont on ne tient pas compte…

    On n’entend pas davantage les autres francophones…

    Une des difficultés, c’est que lorsqu’on dénonce quelque chose, on réduit notre discours à l’opposition. On confond les discours partisans avec les discours sur les valeurs ! Mais nous sommes nombreux à être mal à l’aise par rapport aux discours sur les valeurs.

    Certains bourgmestres ne renforcent-ils pas les peurs des citoyens ?

    Il y a eu un grand sentiment d’improvisation qui met mal à l’aise. Des Initiatives locales d’accueil (ILA) ont encore été fermées en mars dernier. Puis, dans un football panique, on a mobilisé les communautés locales sans leur donner de garanties. La réaction des bourgmestres ne venait que d’une incompréhension de cette manière d’agir.

    E.BL.



  • Le Vif/L’Express – 06 nov. 2015 pg 24&25- itw. Rudy Demotte « Le gouvernement fédéral méprise les francophones »

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    Le Vif/L’Express – 06 nov. 2015

    Page 24

    RUDY DEMOTTE

    Le ministre-président socialiste francophone dénonce les couleuvres financières avalées par la Wallonie et Bruxelles en raison de la politique du gouvernement Michel. Et il fustige la « fatwa » décrétée par la N-VA à l’encontre du bourgmestre de Linkebeek.

    Le Vif/L’Express : Vous aviez annoncé, il y a un an, que vous seriez vigilant par rapport à l’impact de la suédoise sur les intérêts des francophones. Aviez-vous des raisons d’être inquiet ?

    Rudy Demotte : Je ne suis pas parti d’un préjugé. J’ai dit, à ce moment-là, que nous verrions ce qui résulterait du rapport de force au fédéral avec le MR ultraminoritaire. Je m’étais notamment engagé à être attentif à ce que les finances des Régions et Communautés ne soient pas mises en difficulté. Et sur ce plan, nous avons déjà avalé pas mal de couleuvres. Un exemple ? Il était prévu que le fédéral transfère aux entités fédérées des moyens pour payer les travaux de rénovation des hôpitaux à raison de 600 millions d’euros. Deux tiers de ce montant devaient être consacrés aux investissements passés et un tiers pour le futur. Mais depuis, on s’est rendu compte que la charge du passé était de 800 millions d’euros. Or, si le fédéral n’est pas prêt à assumer ses responsabilités, ce sera aux francophones de le faire.

    Avez-vous évoqué la question lors du dernier Comité de concertation avec le gouvernement fédéral ?

    Ça, c’est sûr… D’autant que ce n’est pas notre seule source d’inquiétude financière. Les mesures idéologiques prises dans le cadre du tax-shift causeront des pertes de recettes que l’on chiffre en centaines de millions d’euros. Les pouvoirs locaux seront eux aussi impactés. Il y a là, bien sûr, le jeu classique d’un gouvernement fédéral qui se déleste d’une partie de ses charges, mais cela s’accélère comme jamais auparavant. En plus, la nouvelle ministre du Budget confirme les données de l’Institut Emile Vandervelde selon lesquelles il y a un trou de 2 milliards d’euros dans le tax-shift. C’est un constat qui aurait valu les critiques les plus dures à un gouvernement avec les socialistes.

    Voyez-vous une forme de mépris dans l’attitude du fédéral ?

    En étant prudent, je parlerai de déconsidération. Si on est plus dur, oui, il s’agit d’une forme de mépris. Il y a une autre source d’inquiétude pour la défense des intérêts francophones : Linkebeek. On assiste à un jeu de rôles assez incompréhensible. Un bourgmestre, ancien FDF passé au MR, se bat tout seul face au gouvernement flamand. Au fédéral, le MR dit que ce n’est pas son affaire. Nous, au PS, ne pouvons pas poser la question parce que l’on serait accusé de s’en servir pour déstabiliser la majorité. Or, sur le fond, il est quand même inacceptable de voir un mandataire francophone faire l’objet d’une « fatwa », rien de moins : la ministre régionale flamande N-VA Liesbeth Homans affirme désormais : « En aucun cas, il ne sera nommé. » Même s’il respecte les lois flamandes, donc. C’est la démonstration que la minorité francophone est déconsidérée d’une façon injustifiable.

    Vous avez écrit au Premier ministre pour exprimer votre préoccupation, non ?

    Je lui disais en substance dans ma lettre : « Vous être le Premier ministre de tous les Belges et le garant de la loyauté fédérale, je vous demande de mettre cette question à l’agenda du Comité de concertation. » Il a d’abord inscrit le point… en mon nom. Je me suis manifesté pour lui demander d’assumer ses responsabilités, en vain ! Ce n’est là qu’une des expressions du profond malaise qui existe. Un dernier dossier est venu confirmer cela : la remise en cause par la N-VA de l’accord climatique conclu par la ministre Marie-Christine Marghem avec les Régions. Il est quand même incroyable de la voir désavouée par une déclaration publique de son propre collègue, le ministre fédéral de l’Intérieur…

    La N-VA montre-t-elle son vrai visage ?

    On se demande en effet jusqu’où elle va aller. Avec l’annonce du port d’un badge pour les demandeurs d’asile, nous sommes à la lisière de l’incorrect parce qu’il s’agit d’une référence implicite à des moments très douloureux de notre histoire et les nationalistes flamands ne peuvent pas ne pas en être conscients. Quand Paul Magnette, mon collègue wallon, a dit qu’il le porterait, cela devient un acte militant, un symbole de résistance. Oui, ils sont en train de dépasser des lignes avec la volonté de se démarquer à la droite de la droite. Je ne remets pas en cause la difficulté de gérer cette question des réfugiés, mais ce qui me préoccupe aussi, c’est qu’il n’y a aucun échange d’informations en dépit de nos demandes répétées. Même chose sur les actions menées à l’égard de l’action des mouvements radicaux dans les écoles alors que l’enseignement est quand même de notre responsabilité. Il n’y a aucune confiance entre nous et la N-VA.

    Tout cela démontre-t-il par l’absurde l’importance de la Communauté française ? Certains, y compris au sein de votre parti, parlent de la supprimer ou de réduire ses pouvoirs…

    J’ai été ministre-président wallon, j’ai porté la double casquette et je n’ai pas oublié l’importance des Régions. Mais ce qui me guide dans cette réflexion, c’est un souci de pragmatisme. Les institutions ne sont là que pour servir les gens. La Fédération Wallonie-Bruxelles est-elle perfectible ? Oui, comme d’autres institutions. Faut-il veiller à une meilleure efficacité de notre fonctionnement en matière d’enseignement ? Certainement, et c’est notamment ce à quoi nous nous attelons avec le Pacte d’excellence. Mais faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Dans ce cas-ci, le bébé, c’est la norme qui doit rester commune. La Wallonie et Bruxelles n’ont pas de continuité territoriale, imaginez ce que deviendrait notre solidarité si l’on n’avait plus cette continuité institutionnelle… Or, elle est indispensable. Evitons une réforme institutionnelle qui nous ferait perdre trop de temps. S’il venait à y avoir un consensus entre les entités francophones pour transférer des compétences, je n’ai pas de tabous à ce sujet. Mais ne faisons pas de cadeaux à nos adversaires. Avant de parler au-dehors, il faut d’abord s’entendre au-dedans…

    Mais la Communauté française n’est-elle pas impuissante face aux périls que vous dénoncez ?

    Il y a un autre niveau auquel la Fédération Wallonie-Bruxelles peut agir, c’est l’international. Nous sommes l’outil de la politique étrangère des francophones de Belgique. C’est une dimension que je veux renforcer, également pour servir la défense de nos intérêts. Voilà aussi pourquoi j’ai tenu à m’exprimer sur un autre incident avec le Premier ministre qui a assisté seul au Forum économique de la Francophonie. Or, la participation de la Belgique à l’Organisation internationale de la Francophonie n’est pas du tout financée par le fédéral. Il s’agit d’un montant de 11 millions d’euros entièrement financé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans ce cas-ci, l’Organisation a sous-traité l’événement et seul le Premier ministre belge a été invité. Charles Michel en a sans doute profité pour revaloriser son image francophile, à l’heure où elle est malmenée sur le plan intérieur. Mais ce n’était pas sa place : nous avions été mandatés par les Régions pour porter leur voix en matière d’économie.

    Entretien : Olivier Mouton



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